La mort inattendue du nourrisson (MIN) touche plus fréquemment les garçons que les filles. Il existe également un pic de fréquence autour de l’âge de 3 à 4 mois, ainsi qu’une prédominance hivernale. Quels sont les causes et les facteurs de risque de la MIN ? Quel est le mécanisme entraînant le décès de l’enfant ? Cet article propose des repères épidémiologiques pour les parents et les professionnels de santé.

Comprendre la MIN : le bilan post-mortem

La MIN est une circonstance clinique de décès : brutal, sans explication évidente à première vue. Pour chaque enfant décédé, c’est un bilan médical suivi d’un travail de « confrontation anatomoclinique » qui permet de porter un diagnostic, en tenant compte de plusieurs éléments :

  • les constatations cliniques (circonstances très précises du décès, antécédents personnels et familiaux, examen clinique) ;
  • les examens biologiques (biochimie, bactériologie, virologie) ;
  • les examens radiologiques ;
  • les lésions identifiées lors de l’autopsie.

Ce bilan repose sur deux niveaux de compréhension :

  • un niveau lésionnel identifiant une ou plusieurs causes possibles ;
  • un niveau fonctionnel évoquant le mécanisme du décès, bien souvent encore hypothétique.

Une réunion à thème a été consacrée aux difficultés rencontrées par les parents face à l’autopsie et aux résultats de bilan médical.

Causes et mécanismes de la MIN

Les causes et mécanismes incriminés dans les cas de mort inattendue du nourrisson sont nombreux et fréquemment associés entre eux. Les facteurs de risque surajoutés, notamment ceux liés à l’environnement du bébé, peuvent être parfois par eux-mêmes responsables du décès, ce qui rend les classifications délicates, et souvent peu homogènes selon les équipes médicales.

Cause médicale du décès

  • les pathologies infectieuses : surtout virales mais parfois bactériennes, souvent respiratoires ou cardiaques mais parfois touchant d’autres organes, voire généralisées ;
  • l’hyperthermie : réaction fébrile importante lors d’un épisode infectieux, et/ou liée à un environnement surchauffé chez un enfant trop couvert ;
  • les accidents de literie : enfouissement, asphyxie, confinement ;
  • les maladies cardiaques : troubles du rythme, maladies du muscle cardiaque, malformations ;
  • le reflux gastro-œsophagien, avec ou sans hyperréactivité vagale, qui a été très fréquemment évoquée par le passé, actuellement beaucoup plus discutée ;
  • les causes métaboliques, rares, mais pouvant comporter un risque familial.

Parfois, aucune cause n’est trouvée, menant au diagnostic de mort subite du nourrisson (MSN).

Mécanisme létal
Le mécanisme exact qui entraîne la mort lors d’une pathologie ou d’une circonstance particulière mise en évidence par le bilan post-mortem est parfois difficile à comprendre. Plusieurs mécanismes peuvent en fait s’enchaîner ou s’intriquer pour mener finalement à un arrêt cardiaque. On peut parfois conclure à :

  • une apnée, centrale ou obstructive ;
  • un trouble du rythme cardiaque ;
  • un spasme laryngé ;
  • un mécanisme asphyxique ;
  • un collapsus.

Facteurs de risque et facteurs de protection

Des recherches épidémiologiques ont permis de faire progresser la connaissance des facteurs de risque. On peut les classer de la manière suivante :

source : ANCReMIN

  • facteurs individuels : l’âge, la prématurité et/ou le faible poids de naissance (hypotrophie), le sexe (avec une surmortalité de 1,6 chez les garçons par rapport aux filles ) ;
  • facteurs familiaux : conditions socio-économiques défavorables, antécédents de décès dans la fratrie (décès du jumeau, surtout, dans les jours suivants), pathologie familiale connue ;
  • facteurs d’environnement : prédominance hivernale, tabagisme passif pendant la grossesse et après la naissance, hyperthermie ambiante, et surtout, conditions de couchage (couchage sur le ventre ou sur le côté, literie molle et encombrée, partage du lit). Toute position de sommeil où les voies aériennes supérieures risquent de se trouver obstruées est à proscrire.

Certains facteurs sont en revanche des facteurs de protection : l’allaitement maternel, les vaccinations, le partage de la chambre (pas du lit !) concourent à une réduction du risque de MIN. L’usage habituel d’une tétine est statistiquement aussi un facteur de protection.

Voir les recommandations pour la prévention de la MIN.

Centres de référence MIN et prise en charge

Les centres de référence MIN ont la charge de l’accueil des parents et de l’autopsie. Ils participent donc au diagnostic de MSN ou de MIN. Le transport du bébé vers un centre de référence est obligatoire en cas de mort inattendue.

Il existe 37 centres de références, CRMIN, réparti sur tout le territoire. Ils sont regroupés en une association nationale, l’ANCReMIN.

Voir la carte des centres de référence MIN.