Le corps face au deuil

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Quand c’est dans son corps que se fait la traversée du deuil d’un enfant. Comment le corps face au deuil, nous parle ? La perte d’un enfant est un traumatisme, car il y a bien une blessure, une effraction qui vient mettre à mal les capacités du parent. Il est habituel de penser cette perte comme quelque chose qui se passe uniquement dans la tête, et de la tenir isolée de ce qui se passe ailleurs dans le corps.

Pourtant, si, certes nous avons un corps, nous habitons ce corps. Tout d’un coup, tout est bouleversé. Très souvent juste après l’évènement, on est dans un état second avec la sensation d’être engourdi, endormi, et l’on arrive malgré tout à tenir l’épreuve immédiate. La tristesse va souvent avec des éprouvés corporels (lourdeur, perte d’énergie, troubles du sommeil, troubles de l’appétit, douleurs diverses, voire des pathologies diverses…).

Décalage du corps avec la réalité

Lorsqu’il y a décès avant, ou autour de la naissance, le traumatisme est encore plus vécu dans le corps, car l’enfant n’est pas encore psychiquement séparé de la mère. Par ailleurs le corps de la mère a été préparé pour être réglé sur les rythmes du bébé et soudain le petit partenaire n’est plus là. Un décalage du corps avec la réalité est ressenti, c’est un vécu déstructurant.

Plus tard, ces souffrances du parent endeuillé restent présentes mais sont invisibles pour l’extérieur, ce qui peut créer des incompréhensions et des difficultés avec l’entourage et le monde extérieur. Au moment où une petite mise à distance devient possible , il arrive que des douleurs ou des maladies apparaissent.

Le sens des maux physiques

Quel sens peut-on donner à ces maux physiques : n’est-ce pas «pour ne pas mourir de chagrin» ? Ils obligent à un retour sur soi, en pe(a)nsant ses plaies, comme si la traversée du deuil devait se faire aussi en « prenant soin de soi et de son propre corps ». Être accompagné dans cette épreuve par un tiers, peut alors permettre de traduire les maux en mots, et il devient possible de les relativiser et les rendre plus supportable.

Une discussion très riche, le 27 novembre 2014 à Paris, avec Madame Janine PETITE et les parents endeuillés a suivi cette présentation.

Lire le compte-rendu de cette réunion à thème « Le corps et le deuil »

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