Prévention de la mort inattendue du nourrisson : le bébé dort sur le dos

La mort inattendue du nourrisson (MIN) reste en France, en 2016, la première cause de mortalité entre 1 mois et 1 an. Malgré les progrès de la recherche, elle continue pourtant à poser des questions. Quels sont les causes et les facteurs de risque de la MIN ? Comment l’éviter ? Naître et vivre fait le point sur l’état des connaissances et les mesures de prévention.

La MIN touche, chaque année en France, près de 500 enfants, ce qui en fait un enjeu majeur de santé publique. Chacune de ces situations est un drame pour les familles et les soignants. Depuis 1979, l’association Naître et vivre mène des actions de soutien aux parents et familles en deuil, d’aide à la recherche et de prévention de la mort inattendue du nourrisson auprès des jeunes parents et des professionnels de santé.

Définition de la mort inattendue du nourrisson

La MIN, ou syndrome de mort inattendue du nourrisson (SMIN), désigne à l’origine « le décès subit d’un enfant de moins de 1 an, survenant alors que rien dans ses antécédents connus ne pouvait le laisser prévoir ». Elle se manifeste le plus souvent durant le sommeil, chez des bébés réputés en bonne santé.
La Haute Autorité de santé l’emploie aujourd’hui pour regrouper des situations multifactorielles de décès d’enfants de 0 à 2 ans demeurant inexpliqués post-mortem ou survenant :

  • des suites de pathologies inconnues au moment du décès ;
  • des suites de pathologies d’abord considérées sans risque vital ou évoluant rapidement ;
  • dans des circonstances particulières (accident de literie, traumatisme, intoxication).

Mort inattendue du nourrisson : les causes et les facteurs de risque

La MIN est une notion médicale récente. Elle tend à remplacer le concept de « mort subite du nourrisson » (MSN), pour le réserver aux seuls cas de décès que la science échoue à expliquer médicalement. Certaines MIN sont ainsi requalifiées en MSN à l’issue de l’autopsie du bébé.

Parmi les causes de décès expliqués de la MIN, on retrouve :

  • des infections des voies respiratoires ou générales, avec un pic de mortalité enregistré en hiver ;
  • des maladies du muscle cardiaque ou maladies métaboliques ;
  • des retards de prise en charge de l’enfant (déshydratation, par exemple).

Certains facteurs de risque de MIN sont également identifiés :

  • un retard de développement ou une anomalie du cerveau, à l’origine d’un défaut de régulation des fonctions vitales. Les prématurés sont ainsi à risque accru de MIN ;
  • des facteurs liés à l’environnement, surtout les conditions de couchage du bébé, l’hyperthermie (enfant trop couvert, infection) ou encore le tabagisme maternel.

La MIN est souvent multifactorielle (typiquement, un enfant vulnérable, en bas âge, exposé à un facteur de risque externe), ce qui complique son diagnostic.

Centres de référence et Observatoire national de la MIN

Suite aux recommandations de la Haute Autorité de santé sur la prise en charge en cas de mort inattendue du nourrisson, les centres de référence régionaux de mort subite du nourrisson ont été adaptés pour devenir les centres de référence de la mort inattendue du nourrisson. Leur rôle est autant la prise en charge de l’enfant (médicale) et de la famille (psychologique), que la production de statistiques émanant des investigations post-mortem et de l’autopsie des bébés.

Afin de centraliser les informations produites par les centres de référence et faire progresser la recherche sur les facteurs de risque, un Observatoire de la mort inattendue du nourrisson a été créé en mai 2015 au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes. Un Congrès annuel des centres de référence MIN permet de mettre à jour et partager les données avec les acteurs de prévention de la MIN.

Prévention de la MIN

Afin d’éviter le drame d’une mort subite ou d’une mort inattendue du nourrisson, plusieurs actions sont régulièrement initiées sur le territoire national pour sensibiliser les parents et les professionnels à ce risque. On notera entre autres :

  • la Semaine nationale de la prévention de la mort inattendue du nourrisson ;
  • les formations des associations telles que Naître et vivre sur le couchage ou le portage du bébé ;
  • les campagnes de prévention de l’Association nationale des centres de référence de la MIN (ANCReMIN).

Questions sur la mort inattendue du nourrisson

Certaines recommandations de bonne pratique peuvent permettre de réduire le risque de MIN. L’association Naître et vivre met à disposition des parents un ensemble de ressources pour les accompagner au quotidien. Nous rappelons ici les principales précautions à observer.

Le tour de lit est-il dangereux pour le nourrisson ?

Les recommandations de l’Institut de veille sanitaire (InVS) indiquent de ne pas laisser d’objets mous comme un oreiller ou un édredon dans le berceau de l’enfant. Le tour de lit n’est pas non plus sans risque, il doit être fin, ferme et bien attaché. Pour d’autres sources, le tour de lit serait associé à une augmentation des cas de mort inattendue du nourrisson et serait donc à proscrire.

Jusqu’à quel âge y a-t-il risque de mort inattendue du nourrisson ?

Les MIN surviennent dans 90 % des cas dans les six premiers mois et touche majoritairement les garçons. Selon une enquête de l’InVS, l’âge médian de mort inattendue chez le nourrisson est de 3 mois, avec un pic de mortalité entre 2 et 4 mois, âge auquel le nourrisson acquiert suffisamment de tonus cervical pour se retourner tout seul durant son sommeil.
Bien que la MIN soit exceptionnelle après 1 an, une vigilance est recommandée jusqu’à l’âge de 2 ans en raison du risque infectieux.

Dans quelle position faut-il faire dormir le bébé ?

La position sur le ventre est un facteur de risque majeur aujourd’hui bien connu, notamment pour les prématurés, car elle favorise l’hyperthermie et l’asphyxie. La position de côté, quant à elle, fait courir au bébé le risque de se retourner pendant son sommeil.
Afin de limiter les risques d’étouffement accidentel, il faut donc faire dormir le bébé sur le dos, seule position stable pour le nourrisson.

Comment éviter la mort subite du nourrisson ?

Environ 200 décès pourraient être évités chaque année si parents et professionnels (pédiatrie, puériculture) adoptaient des conditions de couchage sans risque. Les gestes de prévention à respecter sont ainsi :

  • faire dormir le bébé sur le dos, jamais sur le ventre ;
  • ne pas le couvrir dans son sommeil (éviter notamment l’emmaillottage) ;
  • ne pas surchauffer la chambre ;
  • installer le lit dans la chambre des parents ou de la mère mais sans le partager ;
  • utiliser un matelas ferme, recouvert par un drap ;
  • retirer du berceau les éléments mous (oreiller, couette, édredon, doudou) ;
  • ne pas exposer le bébé au tabac pendant et après la grossesse.

L’utilisation nocturne de la tétine participerait à la diminution du risque de MIN. Quoique controversée par ailleurs, elle est recommandée pendant la première année. Certains facteurs protecteurs sont également évoqués par la littérature, comme l’allaitement maternel ou les vaccinations.
À noter, les garçons sont plus exposés au risque de MIN que les filles.

L’âge, le sexe, les antécédents médicaux, la prématurité sont autant de facteurs de risque contre lesquels les parents ne peuvent pas lutter. L’environnement de sommeil, au contraire, est un levier d’action essentiel. C’est pourquoi les gestes de prévention concernant le couchage doivent être diffusés le plus largement possible afin de préserver la vie des bébés.

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