Prévenir la plagiocéphalie sans augmenter le risque de MIN

La Haute Autorité de Santé (HAS), et le Conseil National Professionnel de Pédiatrie (CNPP) ont publié le 5 mars 2020 une fiche « Mémo » à destination de tous les professionnels de santé pour rappeler la prévention de la mort inattendue du nourrisson et pour définir la prévention de la plagiocéphalie posturale.
Ces deux préventions sont complémentaires et bien définies, contrairement à certains échos médiatiques des années passées.
Naître et Vivre a été associée aux différentes étapes du travail d’élaboration de ce document, en accès libre sur le site de la HAS.
Nous savons l’importance de ces réponses aux inquiétudes de nombreux parents sur le développement de leur bébé et sur la qualité des matériels de puériculture…

Ci-dessous le communiqué de presse publié par la HAS et le CNPP le 5 mars 2020

Source d’inquiétude pour les parents, les plagiocéphalies – déformations crâniennes positionnelles – sont bénignes et disparaissent naturellement vers l’âge de deux ans. La Haute Autorité de santé et le Conseil National Professionnel de Pédiatrie publient une recommandation pour prévenir leur apparition et décrire leur prise en charge. Ils y réaffirment avant toute chose l’importance de coucher les bébés sur le dos, seul moyen de prévenir la mort inattendue du nourrisson.

L’association Le LIEN a alerté la HAS en avril 2017 de la sous-estimation du nombre de cas de plagiocéphalies et de ses conséquences. La plagiocéphalie est une déformation du crâne de l’enfant caractérisée par une asymétrie donnant à la tête une forme oblique, on parle communément de « bébé à tête plate ». En réponse à ce droit d’alerte, la HAS publie avec le Conseil national professionnel de pédiatrie une fiche mémo qui rappelle le dispositif de prévention de la mort inattendue du nourrisson et définit la prévention de la plagiocéphalie.

L’augmentation des cas de plagiocéphalies chez les bébés et l’inquiétude associée peuvent conduire des parents et certains professionnels de santé à remettre en cause le couchage sur le dos, dans l’idée d’éviter que le nourrisson n’appuie sa tête toujours du même côté.

La HAS et le CNPP réaffirment donc avec force que le couchage sur le dos est impératif pour prévenir la mort inattendue du nourrisson. Depuis les années 90, cette recommandation a permis de réduire ce risque de 76%.

La HAS et le CNPP décrivent également comment rassurer les parents, prévenir la plagiocéphalie, et quelle prise en charge mettre en œuvre en cas d’apparition de cette pathologie bénigne, qui disparaît le plus souvent naturellement vers l’âge de deux ans.

Rassurer et accompagner les parents

Les plagiocéphalies chez les bébés sont une source d’inquiétude pour les parents. Il faut pourtant les rassurer car ces déformations crâniennes sont bénignes et n’ont pas de conséquence autre qu’esthétique : les données scientifiques montrent qu’il n’y a pas de lien de causalité entre une plagiocéphalie et un retard neurodéveloppemental, des troubles spécifiques ophtalmologiques, oculomoteurs ou vestibulaires. De plus, dans la très grande majorité des cas, les déformations crâniennes disparaissent à l’âge de 2 ans grâce à la mobilité spontanée qu’il faut préserver.

Dans tous les cas, les professionnels intervenant auprès des nourrissons et de leurs parents doivent aborder le sujet avec ces derniers. Cet échange permettra d’expliquer les mesures de prévention de la plagiocéphalie et de leur délivrer des conseils avant et après la naissance du bébé, surtout dans les 6 premiers mois de vie lorsque le crâne est le plus malléable.

Prévenir la plagiocéphalie en laissant le bébé bouger

Si le couchage sur le dos reste la position à adopter quand le nourrisson dort, le reste du temps il ne doit pas être constamment immobilisé pour éviter qu’il n’appuie sa tête toujours du même côté.

Au quotidien, les parents sont donc les principaux acteurs de la prévention de cette déformation. La HAS leur recommande de laisser leur enfant libre de ses mouvements notamment pour que son cou soit mobile – y compris sur le ventre lorsqu’il est éveillé et à condition qu’il soit surveillé. Elle préconise également de varier les postures du nourrisson et d’encourager les rotations spontanées de sa tête grâce à des sollicitations sensorielles (tactiles, visuelles, auditives). Lors de ses phases d’éveil, il est ainsi recommandé de l’installer sur un tapis ferme au sol avec des jouets positionnés autour de lui, en évitant les arches de jeu et les mobiles qui vont fixer son attention en un endroit unique.

En revanche, la HAS pointe les effets délétères des cales-tête, siège-coques, coussins anti-tête-plate, etc., objets qui se sont multipliés dans l’environnement des bébés et qui les empêchent de bouger librement.

En cas de plagiocéphalie : des interventions adaptées selon la sévérité

Lorsqu’une plagiocéphalie survient chez un nourrisson, la HAS recommande aux parents d’éviter l’appui de la partie aplatie de la tête et de favoriser des moments pendant lesquels le nourrisson va pouvoir bouger.

En complément de ces conseils, il est préconisé de consulter un médecin qui pourra prescrire des soins de kinésithérapie au plus tôt dans le cas où l’enfant a des difficultés à bouger son cou (torticolis).

En l’absence d’amélioration de la déformation crânienne après une prise en charge adaptée, le médecin doit orienter l’enfant tôt, possiblement dès la fin du premier semestre, vers un centre de compétences ou de référence des malformations crânio-faciales[1]. Dans ces rares cas de formes sévères, une déformation crânienne peut être un symptôme évocateur d’un trouble sous-jacent. Ces centres vont permettre l’intervention de neurochirurgiens, de chirurgiens maxillo-faciaux ou de chirurgiens plastiques pédiatriques. Ce sont eux qui sont à même de prescrire, de manière exceptionnelle, une orthèse crânienne au bébé.

[1] Filière de santé maladies rare Tête et Cou

 

 

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