Une cicatrice vivante

Une cicatrice vivante

Baptiste nous a quittés il y a 24 ans.

Il avait cinq mois et dix jours. Le temps a passé.

Nous avons pansé nos plaies, retrouvé les joies et les rires.

Et pourtant, depuis, à chaque fois que j’entre dans une église pour une cérémonie, que j’assiste à une messe, un mariage, un enterrement, ou un baptême, il y a toujours un moment où monte le raz de marée… les larmes incontrôlables … je ne maîtrise rien …. tout à coup les yeux s’embuent et c’est un sanglot, venant du plus profond de moi, de mes tripes, sans même que je le sente arriver … jamais au même moment de la cérémonie.Quelquefois au moment où je vais me mettre à chanter… Pour un enterrement on comprend… pour un mariage ça fait bizarre…

C’est comme si cette cicatrice ne demandait qu’à se rouvrir.

Ce n’est même pas un moment où je pense à lui plus particulièrement, c’est subitement le corps qui parle et le souvenir qui se rappelle à moi, le souvenir inscrit dans ma chair. Cela dure quelques minutes pour s’arrêter aussitôt. Mes yeux se sèchent et je peux même parfois chanter sans que cela ne revienne. A peine rouverte, la cicatrice s’est déjà refermée. Mes enfants savent ce que cela signifie. Ne s’inquiètent plus.

La mort d’un être proche nous marque à jamais dans notre chair. Je voulais raconter cela pour que ceux à qui cela arrive sachent que d’autres le vivent aussi.

Par moment, tout simplement, la tristesse nous surprend.

Le corps a une mémoire qui se rappelle à nous.

 

 

 

Maintenant quand je sens l’émotion me gagner, je l’accueille en me disant que cela va passer.

 

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